Fédération des locataires de l’Eure

 

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Rapport Moral 45 ème assemblée des locataires de la SAIEM  AGIRE Evreux  22-01- 2012 

 2010 entre Fierté et colère

Difficile en quelques phrases de résumer l’activité de l’association, difficile de dire les mots tellement il y a  dire et redire, tellement il y a urgence à changer, à inverser le quotidien fait de situations qui se dégradent, de réclamations sans suite, tellement les locataires attendent de leurs représentants.

Difficile pour celui qui est secrétaire de votre association  depuis 1983 après avoir été président de 1973 à 1976 de dire l’essentiel d’un rapport qui annonce le besoin d’une autre organisation des locataires.

Nos premier mots sont pour André notre Président, éprouvé cette année par le décès de son épouse  au mois d’aout dernier, nous lui disons ou redisons en toute amitié, reçois  nos condoléances.

Nos motifs de fierté: Nous dirons d’abord notre fierté d’être là 45 ans après la création de l’association, ayant tenu bon, alors que tant d’autres amicales ont  jeté l’éponge  devant les difficultés,  le manque d’écoute, de considération, mais nous ne pouvons cacher notre déception de savoir que la SAIEM va être le dernier grand organisme de logement sociaux du département à ne pas avoir un conseil de concertation locatif : le règlement qui défini les modalités des accords locatifs et les moyens accordés aux associations pour travailler. La SECOMILE  a finalisé en 2011, après Eure Habitat, ce protocole et la SILOGE  va le faire dans les prochains jours. La Madeleine d’Evreux rassemblant les locaux  pour l’organisation  des locataires  du département - attribués par Eure Habitat  au 25 rue Romain Rolland, par la SECOMILE, au N°2bis rue Joliot Curie - cela donne des moyens mais aussi des obligations pour les locataires d’Evreux

Le bulletin N°103 vous a informé de l’important travail de contrôle des  charges et des anomalies décelés. Dans la deuxième tranche (380 logements des immeubles de la rue Racine,et Jean La Fontaine) la vigilance d’un de nos adhérent a mis fin, non sans difficulté au gâchis d’une importante fuite après compteur sur le réseau fatigué, extérieur aux logements ;  mais rue de Rugby, dans le même groupe d’habitation, l’ANRU poursuit son bétonnage sans se soucier du renouvellement de ces réseaux, certes privés, mais sous espace public de fait.

Sur ce dernier point, l’eau froide, nous demandons à nouveau l’application de la loi : le comptage individuel est un droit. Il permet de réduire jusqu’à moitié les consommations d’eau, il doit s’appliquer. Les services, la communauté d’agglomération ont trouvé de l’argent pour bétonner, pour refaire trois fois  en trois ans les trottoirs au droit de l’école Maxime Marchand, pour faire des équipements surdimensionné au niveau de la station d’épuration. Ils doivent en trouver pour réduire les gaspillages.

Sur l’eau chaude nous ne pouvons que regretter que la commission de conciliation saisie par un de nos adhérents ait refusé de nous aider pour faire que le vrai prix de l’eau chaude soit répercuté en fonction de la consommation au sous compteur. Alors que le prix d’un M3 d’eau chaude  tiré du chauffage urbain revient à 8 voir 9 euros le M3, la SAIEM en laissant le coût de l’énergie (5 euros) nécessaire au réchauffement de l’eau dans le coût du chauffage,  répartit  cette dépense non pas en fonction de la consommation mais  selon la surface du logement. Ceci ne permet pas au locataire de connaître le vrai coût de l’eau chaude.  Ce mode de répartition injuste et encourageant le gaspillage, risque de durer dans la mesure où les nouvelles facturations du gestionnaire du chauffage urbain ne distinguent plus la part eau chaude de celle du chauffage.

 Nous poursuivrons cette revendication par le biais de la demande d’une normalisation de la répartition des charges locatives entre gestionnaire. Cette répartition est aujourd’hui totalement disparate : ainsi Eure Habitat met dans le prix de l’eau chaude uniquement le coût de l’énergie nécessaire au réchauffement alors que la SAIEM met tout le reste sauf le prix de l’énergie. Voila un premier motif de regrouper nos forces en une seule association, nous en reparlerons dans un instant avec l’assemblée extraordinaire qui propose d’ouvrir notre association à l’ensemble des locataires CNL du logement social d’Evreux.

Nos satisfactions :

Nos motifs de satisfaction, chaque déplacement, chaque conversation, chaque participation à une commission logement, qu’elle soit :Commission attribution logement, Conseil d’administration de la société propriétaire, Commission DALO (droit logement) CCAPEX (commission  de coordination des actions de prévention des expulsions locatives,       ANAH (amélioration habitat),Conseil de quartier, cellule qualité de vie, Centre  communale d’action sociale CCAS, Commission consultative des services publics locaux,  toutes ses délégations montrent la justesse et le bien fondé de nos revendications.

Pour répondre à la demande actuelle il faut des   logements correctement entretenus, proches des services, à faible coût et bien gérés, y compris dans les postes charges locatives.

Encore mercredi 11 janvier  2012, distribuant avec André Lereculeur le tract N°104 invitant à l’assemblée générale dans le quartier de ST Michel et Nétreville, nous étions interpelés par des locataires  de la SAIEM en panne de chauffage collectif depuis le 23 décembre. Dans une structure d’hébergement d’urgence, il nous a été confirmé que les démolitions des logements sociaux bon marché déstabilisent les personnes. Les CHRS (centres d’hébergement et de réinsertion sociale du département) recueillent des locataires qui, ayant vécu de nombreuses années sans problèmes majeurs en HLM, modestement mais dans la solidarité du voisinage, sont engagés, suite à des programmes de destruction ANRU, dans un habitat trop coûteux. Quelques années après ces familles se retrouvent expulsées et dans la plus grande détresse elles échouent dans les coûteuses structures d’hébergement d’urgence.

C’est avec satisfaction aussi que nous avons noté la reprise par le conseil d’administration de notre demande de ne pas profiter des changements de locataires pour augmenter les loyers. Et que nous avons entendu dans ces réunions le personnel de direction de la société  propriétaire dire qu'on construit de trop à Evreux.

Nous avons aussi appris que la vacance coûte cher : les 10% de logements vacants de la SAIEM coutent 15% de son budget. Non seulement le loyer n’est pas payé mais il faut payer l’impôt foncier, le chauffage et autres charges collectives. Ce sont les locataires restant qui paient.

 

Dans le logement social, trop de logements, tue le logement, pour que les organismes puissent accueillir et conserver des ménages à revenu modeste: les prix bas sont nécessaire, ils ne sont pas compatibles avec une forte vacance ;  les prix les plus bas ne sont possibles qu’avec un faible endettement cela est impossible avec une forte construction, synonyme de fort endettement.

Des loyers bon marché, avec un bâti ancien, très rentable, donnant satisfaction, cela existent même à Evreux. Ce sont même les plus anciens logements sociaux, ceux de  la cité l’abbé Pierre de 1955, rue de  St Wandrille, géré par la SAIEM. Comme quoi, dans le logement social, des logements amortis, bien entretenus c’est  une chance, c’est même l’avenir dans une ville comme Evreux avec un grand nombre demandes de logement provenant de personnes à très faible revenu. En logement collectif la S A Rurale de l’EURE  (petite société principalement implantée aux Andelys et Gisors)  montre l’exemple : malgré des loyers bas, les loyers n’ont pas augmenté en 2011 et 2012, les travaux d’entretien et d’économie d’énergie sont faits, les locataires sont connus et respectés.

Fin 2011 et depuis le début de l’année 2012, le collectif urgence logement, auquel participe deux élus de la ville Michèle Rive et Thierry Desfrenes et la CNL, s’est employé à vulgariser la nécessité de logements a prix abordable et, pour répondre à cette demande,  ne pas sacrifier nos atouts dans de mesquins profits

Pourquoi notre association doit s’élargir aux autres locataires du logement social.

Oui à la SECOMILE pour gérer, pas pour spéculer.

Les locataires des  6 immeubles  appartenant à la ville et géré par la SAIEM (Cédre, Frene Epicea, Chèvrefeuille, Erable et Cyprès, rue Rabelais et rue Michelet) ont été réunis le 2 mai 2011 à la communauté d’agglomération.

Il a été annoncé un projet de rénovation de 180 logements  (immeubles Cyprès, Chèvrefeuille, Erable et Frêne) et la fermeture en logements de deux immeubles, 80 logements (Epicéa et Cèdre).

Les locataires des immeubles Epicéa et Cèdre concernés par le projet ANRU ont été informés qu’un déménagement leur serait proposé après rénovation des immeubles voisins, afin de leur permettre de rester dans leur quartier.

Sans concertation des représentants des locataires et de leur association, décembre 2011 nous apprenons dans les conseils d’administration SAIEM et SECOMILE qu’un projet de cession de ces 240 logements appartenant à la ville depuis 1986 - gérés jusqu’en 2004 par LOGIREV, puis par la SAIEM - seraient revendus à la SECOMILE. En 30 ans les locataires de ces bâtiments changeraient ainsi trois fois de gestionnaire !

Compte tenu de la dégradation de la gestion et de l’occupation de ces lieux, il est nécessaire de faire quelque chose, la SAIEM-AGIRE s’étant largement montré défaillante, peu de locataire y sont attachés.

Là ou le dossier nous inquiète c’est que ces défaillances de gestion soient l’occasion de profits pour la ville et la SAIEM car la vente serait assortie  d’un versement à la ville de 2,5 millions d’euros et de 1,1 millions à la SAIEM et de la remise gracieuse à la SECOMILE de 237 autres logements de la Madeleine qui devraient revenir en pleine propriété à la ville dans les prochaine années.

 

La ville d’Evreux ne doit pas jouer au propriétaire voyou

477 logements pour 3,6 millions, soit  7500 euros par logement ; la ville brade ses logements sociaux , des logements permettant de loger les habitants qui ont construit la ville et que la vie n’a pas épargné. Que l’accumulation de misères et de mauvaises gestions soit motif à se retirer et à spéculer, cela nous choque.

Circonstance aggravante dans ce jeu de Monopoly, ce sont les locataires de la SECOMILE qui vont devoir refinancer des logements sociaux déjà payés une fois, sans exclure que ce financement face appel à l’emprunt et mobilise du financement logement social utile pour d’autres chantiers.

Un nouveau défi pour les locataires d’Evreux, la vente du patrimoine logements social

Non aux simples jeux financiers, à l’absence de projet, à l’abandon par la ville de sa dernière grande richesse pouvoir servir les petites gens, avec un patrimoine de logements sociaux amortis, donc bon marché.

Après l'utilisation des crédits du 1% logements pour financer les destructions de 900 bons logements sociaux, pratique que nous avons largement dénoncée, voilà que la ville-centre du département  qui, hier, aidait le logement social,  le revend aujourd’hui pour alimenter son budget.

Nous disons non à cette nouvelle pratique et puisque les vœux du Maire nous invitent à nous engager nous disons oui à une gestion par la SECOMILE, mais que la ville conserve son patrimoine !

Et s’il faut de l’argent pour les financements de travaux utiles, s’il faut vendre dans des conditions avantageuses, que se soit, comme le prévoit la loi, aux occupants, là où la gestion est maîtrisée. Ce n’est pas aux locataires du logement social de payer deux fois un bien.

Locataires des logements sociaux  nous devons refuser toutes nouvelles contributions d’autant qu’ une part croissante de nos faibles revenus va à la dépense logement  -  5 points de plus du budget pour le logement entre 1996 et 2006 , plus d’un tiers des ressources, APL déduite, passe dans la dépense logement, pour les nombreux parmi nous, à faible ressource, qui habitent à Evreux . Ce n’est pas au logement social  de porter la relance de l’activité du bâtiment.

Le  devoir moral des organismes de logement sociaux c’est de loger les habitants en recherche de logements, et non, comme l'a dit un directeur de société HLM du département,  de faire travailler les entreprises.

Pour dénoncer cette dérive notre organisation ce mobilise et attend le soutien des élus.

N’attendons pas que la ville perde son patrimoine, sa plus grande fierté de ville solidaire,  pour réagir. Il faut remettre les logements sociaux à leur place, aider à loger, ne pas en faire un jouet dans les mains d’élus  spéculateurs et d’entreprises du BTP peu scrupuleuses dans la recherche de profits.

Pour que les locataires CNL de la ville puisse s’échanger les informations et réagir groupés, nous vous invitons à élargir le secteur d’intervention de notre association à tous les locataires du logement social de la communauté d’agglomération SAIEM- SILOGE-SECOMILE- Eure Habitat…

 

Vite arrêter les incertitudes dans le devenir de la gestion

Au conseil d’administration du 5 déc 2011 nous avons appris que la ville envisageait de se séparer de la gestion de la SCET, filiale de la caisse de dépôt pour la gestion du patrimoine de la SAIEM . Un appel d’offre déclaré infructueux reporte la décision.

Nous, locataires, nous demandons que ces incertitudes soient vite levées. Nous voulons qu’avec un personnel de proximité, gardiens et agents de proximité, que les procédures de réclamation soient mieux gérées. Qu’il soit mis fin à la restriction des travaux d’hygiène, comme le remplacement partiel des balayages pendant l’absence des gardiens. Comme doit être mis fin à la suppression des gardiens.

Oui à la vrai démocratie, non à la fausse démocratie participative

 En 2011   les représentants des habitants du quartier de la Madeleine sont exclus  du comité de pilotage du PST - (programme sociale du territoire) du quartier de la Madeleine succédant au GIP PHARE( participation des habitants, des associations mise en commun des ressources) - qui se met péniblement en place cette année avec un nouveau changement de directeur. Plus grave, l’élu référant représentant la communauté d’agglomération n’est plus un élu de la ville d’Evreux mais un élu d’une commune périphérique, la Maire d’Angerville.

En conseil de quartier l’usure des habitants est nette, lors du conseil du 6 octobre à la Madeleine, il y avait 2 habitants face à 4 élus et 7 représentants des services.

Nos quartiers de logements sociaux vivent mal dans une ville ou le chômage croît. Parce que nous avons l’expérience, parce que nous savons qu’ailleurs les responsables prennent, dans la concertation, des initiatives qui répondent aux vraies attentes,  nous persévérons.

Nous existons, nous continuerons d’exister en nous réunissant en conseil d’administration chaque mois, mais nous savons très bien que seuls nous pouvons peu de chose. Il faut, pour que notre association soit efficace, qu’elle ait des partenaires,  élus, directeurs,  qui veuillent faire ensembles bouger les choses dans le bon sens.

C’est   le cas dans d’autres villes, par exemple sur les dossiers ANRU. Ensemble, association des locataires et élus municipaux ont réduit considérablement l’impact aberrant des destructions et maintenu un patrimoine adapté à la demande actuel de logements à un coût abordable.

Cette collaboration n’est pas visible actuellement sur la ville, ni sur l’agglomération d’Evreux. Souhaitons à chacun que nous ne soyons pas obligés de vivre vieux pour la voir s’installer.

Seuls nous ne pouvons rien ou peu de chose, avec nos élus qui normalement ont le pouvoir s’ils le veulent, nous pouvons beaucoup.

Loyer et charges locatives maîtrisés, entretien et réparation assurés, locataires respectés, vivre mieux dans nos quartiers,  c’est l’objet de l’association, toujours persévérant, plus nombreux, mieux informés nous obtiendrons davantage C’est pour cela que nous décidons de devenir association des locataires CNL d’Evreux

 Evreux  Janvier 2012    www cnl27.fr                                           Le Secrétaire Jacques Caron